lundi 17 août 2026

63 - Les pâtes

Jour de fête : plat de pâtes pour tous !
 
Que ce fût Noël ou anniversaire, réveillon de l'an neuf ou commémoration quelconque, chez moi les heures de gloire ou les héros de la vie avaient droit d'être dignement honorés. Je rendais hommage aux hommes et aux dieux en consacrant une fournée de spaghettis en leur nom.
 
Pour un mets si fameux et si bon marché, il y avait toujours du rab, s'il vous plaît. Ah ! pour le coup, on ne prétendra pas que je faisais dans la sobriété !
 
Bourre-ventre pour toute la tablée !
 
Avec, pour faire passer tant d'opulence, autant de verres d'eau fraîche qu'on en désire. Je n'ai rien trouvé de mieux au cours de ma carrière d'économe que les nouilles pour festoyer à haut plaisir et à bas prix.
 
Le repas de blé dur constitue la meilleure opportunité alimentaire qui soit. Cette assiette du pauvre est également celle du riche : le misérable comme le fortuné apprécient cette humble gastronomie. Cette cuisine qui contente l'Humanité entière remplace bénéfiquement n'importe quelle nourriture sophistiquée et onéreuse.
 
Simple, non carnée, chaste et universellement accessible, cette alimentation est la félicité des gueux, des sans-le-sou et des avares. Une véritable manne pour les gens de mon espèce, heureux de manger autant qu'un roi à moindre coût.
 
Je n'aurai jamais assez de mots pour louanger ce miracle culinaire qui cale les estomacs de radin sans trop engager de frais. Cette céréale préparée aisément représente le salut ultime des pingres, l'or des rats, le trésor des miséreux.
 
Et puisqu'il fallait que j'offrisse un bijou à Violette, quoi de plus judicieux que de lui faire une surprise avec peu et beaucoup à la fois, du moins symboliquement ?

Aussi lui proposai-je un magnifique collier de coquillettes.

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