jeudi 2 juillet 2026

19 - Ces petits riens de grand prix

Depuis la hauteur de ma piaule je percevais les bruits du dehors, insensible aux sollicitations mercantiles de toutes sortes.
 
Ainsi perché au-dessus du siècle, j'observais avec suspicion le monde impie de la dépense. Et de mon oeil avisé d'aigle déplumé, me permettais de lorgner sur les rares trésors qui ne valaient qu'une poignée de pièces jaunes.
 
Fier de demeurer intègre en ma citadelle, je me tenais loin des hérésies du consumérisme ambiant où je trouvais tout hors de prix.
 
Trônant sur mon royaume d'économe, je jugeais les hommes sévèrement et estimais leurs achats de luxe bien tristes ! Rien d'autre ne pouvait me séduire que des emplettes au rabais, des acquisitions d'occasion, des biens brisés ayant perdu une grande partie leur valeur et donc devenus beaucoup moins monnayables.
 
Je posais un regard de mépris sur quasiment tout ce qui dépassait le montant de ma bourse. Ces choses inutiles qui coûtaient plus cher que le contenu de ma boîte rouillée ne méritaient que ma farouche indifférence.
 
En somme, j'étais un acheteur d'allumettes mouillées : il me suffisait juste de les faire sécher pour être gagnant.
 
C'est de cette manière astucieuse que je voulais me retrouver bénéficiaire sur le plan financier. Même de quelques broutilles. Ce que les dépensiers considéraient comme "mesquin", moi j'en faisais une très haute richesse personnelle. Petit à petit, miette après miette, je récupérais ce qui était si désinvoltement dévalorisé.

Pour en faire mon butin de radin.

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